L’activité du Cercle de la Librairie

Des actions interprofessionnelles de soutien au secteur du livre, sous forme d’études, de prestations ou de soutien financier ; à ce titre, le Cercle s’est notamment vu confier l’attribution des numéros ISBN pour la France.

Des activités commerciales entièrement assumées par sa filiale, la SA Electre, qui exerce trois métiers à destination des professionnels du livre : la production et la diffusion de la base de données bibliographique electre.com, l’édition de presse magazine professionnelle Livres Hebdo et l’édition d’ouvrages professionnels, Éditions du Cercle de la Librairie.

Historique

Le Cercle de la Librairie est une association qui a été constituée au milieu du XIXème siècle par des entrepreneurs issus des différents métiers du livre pour la défense de leurs intérêts matériels et moraux.

image cercle de la librairie

Avec l’industrialisation des professions du livre au début du XIXème siècle, et la séparation définitive des métiers entre imprimeurs, libraires et éditeurs, est apparue la nécessité d’organiser la défense de ces professions. Dès 1829, les libraires tentent de se regrouper mais se heurtent au refus du préfet de Police. En janvier 1847, le libraire-éditeur Jean Hébrard propose à ses confrères de créer un club où pourraient se réunir les « gens du livre ». Après plusieurs réunions, un comité d’organisation présidé par l’éditeur Jean-Baptiste Baillière (notre portrait ci-contre) décide le 1er avril la création d’un « Cercle de la librairie, de l’imprimerie, de la papeterie, du commerce de la musique et des estampes, et de toutes les industries qui concourent à la publication des œuvres de la littérature, des sciences et des arts ». Le 5 mai 1847, il est effectivement constitué et la première assemblée générale nomme l’imprimeur Ambroise Firmin-Didot président. Il compte déjà 119 membres : libraires, éditeurs, imprimeurs et brocheurs, fabricants de papier et d’encre, fondeurs de caractères et agents de publicité. Le Cercle est géré par un conseil d’administration représentatif de tous ces métiers du livre. L’année suivante ils sont 157 membres, chefs d’entreprise mais cotisant à titre personnel. Le 6 août 1847, le siège social est inauguré au 5, rue des Petits-Augustins (actuelle rue Bonaparte) avant de déménager au numéro 1 de la même rue en juillet 1856 au moment où le Cercle reprend au libraire Pillet la Bibliographie de la France, fondée en 1811, qui recense toutes les publications des éditeurs de langue française.

image cercle de la librairie

En 1864, Louis Hachette, devenu président, conçoit le projet d’installer une bibliothèque technique et de faire construire un immeuble pour abriter les différents services du Cercle et pouvoir accueillir les membres dans des locaux plus prestigieux. Ce projet n’aboutit qu’en 1877, sous l’impulsion de son gendre et successeur Louis Bréton, avec la constitution d’une société civile pour l’acquisition d’un terrain à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue Grégoire-de-Tours. C’est l’architecte Charles Garnier qui est choisi et l’inauguration de l’hôtel du Cercle de la Librairie a lieu le 4 décembre 1879. La façade porte les noms illustres d’Elzevier, Estienne, Gutenberg, Alde Manuce, Didot, Senefelder et Montgolfier et la rotonde est surmontée d’une coupole de 38 mètres. L’immeuble peut accueillir des réunions et des dîners, bals, banquets, concerts ou représentations théâtrales qui en font un lieu de convivialité pour les représentants des professions, un véritable club. Dès l’année suivante, une première exposition peut s’y tenir ; elle présente les publications les plus remarquables de 115 éditeurs de Paris et de province. L’organisation de la participation de ses membres aux grandes expositions en France ou à l’étranger est depuis l’origine une des activités majeures du Cercle. Il remplit également un rôle de représentation des professions, défendant en particulier la propriété littéraire et artistique et arbitrant les litiges commerciaux que lui renvoie le tribunal de commerce. Il joue le rôle d’un véritable syndicat professionnel, ce qu’il devient deux ans après la loi du 21 mars 1884 sur les syndicats. Il accompagne dès lors la création des syndicats patronaux de libraires, d’éditeurs, d’imprimeurs et de relieurs notamment. En 1896, 21 chambres syndicales ont leur siège dans l’hôtel du Cercle. Lors de son centenaire, ils seront 59. Les deux principaux syndicats, celui des éditeurs et celui des libraires, tous deux créés en 1892, jouent un rôle important dans son fonctionnement, le président du Syndicat des Éditeurs cumulant notamment cette fonction avec celle de président du Cercle.

Pendant la première moitié du XXème siècle, chaque syndicat se chargeant de la défense de ses membres, le Cercle conserve sa vocation à harmoniser les points de vue des différentes professions et à les présenter auprès des autorités. Chaque fois que cela est nécessaire, il met en place des commissions interprofessionnelles. Il aura ainsi à intervenir notamment dans l’établissement de la législation sociale et dans les projets de réforme de la propriété littéraire, et mettra en place des services communs à l’ensemble des professions ; ces services englobent l’organisation des expositions, la formation professionnelle, les renseignements bibliographiques, le placement et la médecine du travail pour les employés du livre, et les sociétés ou caisses de secours mutuel et de prévoyance. Mais, à travers ses publications, la Bibliographie de la France et des ouvrages professionnels destinés aux différents métiers du livre, le Cercle remplit une fonction d’information que son indépendance garantit la plus exhaustive et la plus fiable possible.

image cercle de la librairie

Après une période de sommeil pendant la Seconde Guerre mondiale, le Cercle reprend ces diverses activités jusqu’à ce que, à la fin des années soixante-dix, une crise profonde le conduise à se renouveler. L’informatisation de la base de données des livres disponibles, en particulier, et le développement de l’information professionnelle à travers la création de la revue Livres Hebdo et de sa version mensuelle Livres de France (en 1979) nécessitent en effet des investissements que le Cercle financera en vendant son immeuble du boulevard Saint-Germain en 1981. Il s’installe dans les locaux qui avaient été progressivement acquis rue Grégoire-de-Tours, derrière son immeuble. En 1972, il se voit confier la gestion de l’ISBN pour les livres en langue française pour laquelle est créée l’Agence française de numérotation internationale du livre (Afnil).

Dès 1979, le président du Syndicat national de l’édition n’est plus président du Cercle ; les différents syndicats professionnels établissent progressivement leur siège en dehors du Cercle, qui se recentre sur ses activités commerciales. Après Yvon Chotard, Marc Friedel, président-directeur général de Berger-Levrault, puis Charles-Henri Flammarion en assument la présidence. Sous le nom d’Éditions professionnelles du livre et d’Éditions du Cercle de la Librairie, qui seront finalement regroupées sous le nom d’Electre, ses filiales assurent la production et la diffusion de l’information bibliographique et professionnelle sur le livre français auprès de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre. Ses revues, sa base de données sur les livres français et ses ouvrages professionnels en font un acteur essentiel de la chaîne du livre. En 1997, le Cercle de la Librairie a fêté cent cinquante ans d’activité au service des professions du livre et, en 2003, Denis Mollat est le premier libraire qui en est devenu président.

Extrait du Dictionnaire encyclopédique du livre publié en trois volumes par les Éditions du Cercle de la Librairie sous la direction de Pascal Fouché, Daniel Péchoin et Philippe Schuwer.

© Cercle de la Librairie, 2019

Éditeur: Cercle de la Librairie

35, rue Grégoire-de-Tours 75006 Paris Tel. 01 44 41 28 00 Directeur de la Publication : Denis Mollat Conception graphique : Electre Data Services